Sainte Ia d’Irlande et de Cornouailles, Angleterre (+450) – 3 février ╰⊰¸¸.•¨* French

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Irlande

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Sainte Ia d’Irlande et de Cornouailles, Angleterre (+450)

3 février

Sainte Ia (+450), ou Hia ou Ives, d’Irlande et de Cornouailles, était une sainte et martyre bretonne de la fin du 5e siècle en Cornouailles britannique, célébrée le 3 février.

Sainte Ia aurait été une princesse irlandaise, sœur de saint Erc. Disciple de saint Baricus, elle vint en missionnaire en Cornouailles rejoindre les saints Fingar et Piala.

D’après la biographie, elle aurait eu 777 compagnons et aurait traversé la mer d’Irlande sur une feuille de chou.

Sainte Ia fut martyrisée sur la rivière Hayle et enterrée à St Ives. Une église, qui lui est dédiée, a été construite sur sa tombe. Puis la ville s’est formée autour.

Source: Wikipedia

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St. Ives, Cornouailles, Angleterre

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St Stylianos de Paphlagonie, Asie Mineure – 26 Novembre ╰⊰¸¸.•¨* French

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St Stylianos de Paphlagonie, Asie Mineure

26 Novembre

Choisi par Dieu depuis le sein de sa mère, Saint Stylianos se détacha des illusions de ce monde, distribua ses biens aux pauvres et embrassa la vie monastique. Il s’illustra avec vaillance dans les combats de l’ascèse et, au bout de quelques années de vie commune, partit pour mener la vie solitaire dans une grotte. Il y recevait sa nourriture de la main d’un Ange et devint bientôt intercesseur efficace auprès de Dieu pour le soulagement des malades: en particulier pour la guérison des maladies infantiles et pour la délivrance des femmes restées stériles. C’est dans ces circonstances que la prière du Saint reste toujours efficace pour ceux qui l’invoquent avec foi de nos jours.

Source: Wikipedia

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Plus l’homme mène une vie spirituelle, plus il se spiritualise – Saint Jean de Cronstadt, Russie (+1908) ╰⊰¸¸.•¨* French

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Saint Jean de Cronstadt, Russie (+1908):

Plus l’homme mène une vie spirituelle, plus il se spiritualise. En tout il commence à voir Dieu, en tout il voit la manifestation de sa toute-puissance. Toujours et partout il se voit comme demeurant en Dieu et dans sa dépendance. Mais plus l’homme mène une vie charnelle, plus il devient entièrement charnel. Il ne voit Dieu en rien, même dans les manifestations les plus miraculeuses de sa Toute-puissance. Il ne voit partout et toujours que réalité charnelle et matière: “Il n’y a point de crainte de Dieu devant ses yeux”(Ps. 35:2).

Saint Desle (Deicola / Deicolus), d’Irlande et de France (+625) – 18 janvier ╰⊰¸¸.•¨* French

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Saint Deicola / Deicolus

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Saint Desle (Deicola / Deicolus),

d’Irlande et de France (+625)

18 janvier

La vie de saint Desle (Deicola / Deicolus) est connue par un écrit anonyme de la fin du ixe siècle, la Vita Deicola.

Né en Irlande à une date inconnue, il serait le frère de saint Gall. Il entra tout jeune à l’abbaye de Bangor et vécut attaché à la spiritualité de saint Colomban. Il suivit ce dernier au monastère de Luxeuil où il passa sa vie de 590 à 610.

Au début de l’année 610, à l’instigation du roi Thierry et de Brunehilde, les moines de Luxeuil durent s’exiler et prirent le chemin de Besançon. Sur la route, saint Desle, épuisé, dut laisser partir ses compagnons.

La “Vita Deicola” raconte qu’arrivé ainsi dans la forêt de Darney, il fit jaillir une source en frappant la terre de son bâton et rencontra ensuite un berger qui le conduisit vers une chapelle dédiée à saint Martin, près de laquelle il construisit une cabane.

Plus tard, ayant recouvré la santé, saint Desle partit fonder un nouveau monastère, près de Lure, encouragé par Clotaire II qui lui offrit un vaste domaine. Là, il reprit la règle de Luxeuil, en y apportant quelques adoucissements, se rapprochant de la règle de saint Benoît qui commençait à s’étendre en Occident. Saint Desle entreprit alors un voyage vers Rome afin d’aller faire approuver sa règle par le pape. Il mourut en 625.

Saint Desle est considéré comme un saint guérisseur des maladies des petits enfants, mais aussi comme un protecteur du bétail.

Source:

Wikipedia &

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Les multiples membres du corps ne forment qu’un seul corps – Saint Macaire d’Égypte (+390) ╰⊰¸¸.•¨* French

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Les multiples membres du corps ne forment qu’un seul corps

Saint Macaire d’Égypte (+390)

Les multiples membres du corps ne forment qu’un seul corps et ils se soutiennent mutuellement en remplissant chacun sa tâche. L’œil voit pour tout le corps ; la main travaille pour les autres membres ; le pied, en marchant, les porte tous ; un membre souffre dès qu’un autre souffre. Voilà comment les frères doivent se comporter les uns avec les autres (cf. Rm 12, 4-5).

Celui qui prie ne jugera pas celui qui travaille parce qu’il ne prie pas. Celui qui travaille ne jugera pas celui qui prie… Celui qui sert ne jugera pas les autres. Au contraire, chacun, quoi qu’il fasse, agira pour la gloire de Dieu (cf. 1Co 10,31 ; 2Co 4,15)…

Ainsi une grande concorde et une sereine harmonie formeront « le lien de la paix » (Ép 4,3), qui les unira entre eux et les fera vivre avec transparence et simplicité sous le regard bienveillant de Dieu. L’essentiel, évidemment, c’est de persévérer dans la prière.

D’ailleurs une seule chose est requise : chacun doit posséder en son cœur ce trésor qu’est la présence vivante et spirituelle du Seigneur.

Qu’il travaille, prie ou lise, chacun doit pouvoir se dire en possession de ce bien impérissable qu’est le Saint Esprit.

Préparation pour la Confession Saint – Jean de Kronstadt, Russie (+1908) ╰⊰¸¸.•¨* French

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Russie

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Saint Jean de Kronstadt, Russie (+1908)

20 décembre

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Préparation pour la Confession

Saint Jean de Kronstadt, Russie (+1908)

Méditation pour ceux qui s’apprêtent à se tenir devant le Créateur et la communauté de l’Église devant le mystère imposant de la sainte confession, à qui est ainsi donné le renouvellement d’un second baptême.

Moi, âme pécheresse, je confesse à Dieu Notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, tous les actes mauvais que j’ai faits, dits ou pensés depuis le baptême, jusques à ce jour.

Je n’ai pas gardé les vœux de mon baptême, mais je me suis rendu indésirable devant la Face de Dieu.

J’ai péché devant le Seigneur par manque de foi et par des doutes concernant la foi orthodoxe et la Sainte Eglise, par l’ingratitude pour tous les dons importants et continuels de Dieu ; j’ai péché malgré Sa patience et à Sa providence pour moi, pécheur, par manque d’amour pour le Seigneur, ainsi que par la crainte, par le fait de n’avoir pas accompli les saints commandements de Dieu et les canons et règles de l’Église.

Je n’ai pas gardé l’amour de Dieu et de mon prochain et je n’ai pas fait assez d’efforts, à cause de ma paresse et de ma négligence, pour apprendre les Commandements de Dieu et les préceptes des Saints Pères. J’ai péché en ne priant pas le matin et le soir et au cours de la journée, en n’assistant pas aux offices, ou en ne venant à l’église qu’à contrecœur.

J’ai péché en jugeant les membres du clergé. J’ai péché en ne respectant pas les Fêtes, en rompant le jeûne, et par ma démesure dans l’absorption de nourriture et de boisson.

J’ai péché par orgueil, par désobéissance, par entêtement, par autosatisfaction, et par la recherche de l’approbation et de la louange.

J’ai péché par incrédulité, par manque de foi, par doutes, par désespoir, par découragement, par des pensées de violence, par le blasphème et les jurons.

J’ai péché par fierté, par une haute opinion de moi-même, par le narcissisme, par la vanité, par la suffisance, par l’envie, par l’amour de la louange, l’amour des honneurs et par la prétention.

J’ai péché en jugeant, par la médisance, par la colère, en me souvenant des offenses, par la haine et en rendant le mal pour le mal, par la calomnie, les reproches, le mensonge, la ruse, la tromperie et l’hypocrisie, par les préjugés, la controverse, l’entêtement et la réticence à céder à mon prochain, par jubilation, méchanceté, railleries, insultes et moqueries, par les commérages, en parlant trop et en parlant pour ne rien dire.

J’ai péché par le rire inutile et excessif, par les injures et le retour à mes péchés antérieurs, par un comportement arrogant, par l’insolence et le manque de respect.

J’ai péché en ne tenant pas mes passions physiques et spirituelles en échec, par ma jouissance des pensées impures, par la licence et l’impudicité en pensées, en paroles et en actes.

J’ai péché par manque d’endurance dans mes maladies et mes douleurs, par une dévotion aux commodités de la vie et en étant trop attaché à mes parents, mes enfants, mes parents et mes amis.

J’ai péché par le durcissement mon cœur, par une volonté faible et, en ne me forçant pas à faire le bien.

J’ai péché par avarice, par amour de l’argent, par l’acquisition des choses inutiles et par l’attachement immodéré aux choses.

J’ai péché par l’auto-justification, un mépris pour les avertissements de ma conscience et en ne confessant pas mes péchés par négligence ou par fausse fierté.

J’ai péché à plusieurs reprises par ma confession: en rabaissant, en justifiant et en gardant le silence sur mes péchés.

J’ai péché contre les Très Saints et Vivifiants Mystères du Corps et du Sang de notre Seigneur, en venant à la Sainte Communion sans humilité ou sans crainte de Dieu.

J’ai péché en acte, en parole et en pensée, sciemment ou inconsciemment, volontairement et involontairement, de manière réfléchie et sans réfléchir, et il m’est impossible d’énumérer tous mes péchés à cause de leur multitude. Mais je me repens vraiment de ces péchés et tous ceux que je n’ai pas mentionnés à cause de mon oubli, et je demande qu’ils soient pardonnés en vertu de l’abondance de la Miséricorde de Dieu.

Les Saints Orthodoxes d’Occident et leurs Intercessions ╰⊰¸¸.•¨* French

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Les Saints Orthodoxes d’Occident et leurs Intercessions

En marge du Dictionnaire des Intercessions Orthodoxes

Autrefois, les maladies pour lesquelles la médecine n’avait aucun remède, trouvaient par la pure grâce de Dieu, des remèdes par l’intercession des saints. Dans le langage populaire, le caractère extraordinaire des guérisons répétées de certaines maladies par des saints particuliers, firent que on ne parla plus de ces maladies qu’en leur donnant le nom du saint que l’on invoquait pour qu’il intercède et demande à Dieu la guérison de l’âme et du corps.
La tradition populaire de l’Eglise nous a donné la liste suivante des saints orthodoxes d’Occident et leurs intercessions:

Boutons: Mal de Saint Laurent ( Diacre-Martyr de Rome)
Cancer: Mal de Saint Gilles ou Aegide de Nîmes
Convulsions: Mal de Saint Barthélémy
Épilepsie: Mal de Saint Jean Baptiste
Erysipèle: Mal de Saint Antoine
Fistule: Mal de Saint Fiacre ( de Breuil)/ Mal de Saint Quirin ( Martyr de Rome)
Folie: Mal de Saint Mathurin ( de Larchant)
Gale: Mal de Saint Méen ( de Bretagne), Mal de Sainte Reine ( D’Alyse)
Goutte: Mal de Saint Maur ( de Glanfeuil)
Ivresse: Mal de Saint Martin ( de Tours)
Lèpre: Mal de Saint Job ( le Saint Prophète de l’Ancienne Alliance)
Maladies inflammatoires: Mal de Saint Sylvain ( de Levroux )
Maladies nerveuses: Mal de Saint Guy ( Danse de Saint Guy)
Rhume : Mal de Saint Aventin ( de Chartres)
Ulcère: Mal de Saint Eloi ( de Noyon)

Quand arrive les ténèbres, le vrai chrétien ne cesse de crier vers Dieu – Saint Jean de Cronstadt, Russie (+1908) ╰⊰¸¸.•¨* French

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Saint Jean de Cronstadt, Russie (+1908)

20 décembre

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Quand arrive les ténèbres,

le vrai chrétien ne cesse de crier vers Dieu

Il y a dans la vie des chrétiens fervents des heures où Dieu semble les avoir complètement abandonnés, heures de la puissance des ténèbres.

L’Homme alors, des profondeurs de son cœur crie vers Dieu: “Pourquoi as-tu détourné de moi Ton Visage, Lumière éternelle? Car voici que d’étranges ténèbres ont envahi mon âme, les ténèbres de satan, le Maudit, et l’ont tout obscurcie.

Oh, qu’il est dur pour l’âme d’être dans ces ténèbres atroces, qui lui font entrevoir les supplices et les ténèbres de l’enfer.

Oriente-moi, ô Sauveur, vers la Lumière de Tes commandements et redresse ma route, je T’en supplie avec instance.

—Saint Jean de Cronstadt, Russie (+1908)

Source:

Saint Jean de Cronstadt Ma vie en Christ Spiritualité de Bellefontaine / spiritualité orientale n° 27.

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J’ai étendu mes mains vers Toi,
mon âme est devant Toi comme une terre sans eau.
Hâte-Toi, Seigneur de m’exaucer, mon esprit défaille.
Ne détourne pas de moi Ta Face,
que je sois semblable à ceux qui descendent dans la fosse.
Fais-moi entendre au matin Ta miséricorde,
parce que j’ai mis en Toi mon espérance.

Bible -Psaume 142

Les Saintes Écritures sont vraiment le moyen par lequel Dieu parle à notre âme – Saint Jean Chrysostome, Archevêque de Constantinople (+407) ╰⊰¸¸.•¨* French

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Les Saintes Écritures sont vraiment

le moyen par lequel Dieu parle à notre âme

Saint Jean Chrysostome, Archevêque de Constantinople (+407)

(IVème-Vème siècle)

Nous vous partageons ici quelques extraits choisis de la première et de la seconde homélie de Saint Jean Chrysostome sur l’Évangile selon Saint Matthieu. Les homélies de cette colonne de l’Eglise du Christ sont vraiment un grand trésor pour nos âmes, un grand don de Dieu pour Son Peuple Orthodoxe. Nous espérons que ces quelques passages vous donnerons l’envie, la curiosité et la joie de découvrir toute la profondeur de la Parole de Dieu, expliquée par ce Saint immense, qui était tout rempli du Saint-Esprit.

Les sous-titres récapitulent l’idée centrale du passage qui vient, mais ne sont pas du Saint.

╰⊰¸¸.•¨*

Comment Dieu parlait-Il aux Saints dans l’Ancien Testament ?

Mes Frères, nous ne devrions, pas avoir besoin du secours des Écritures. Si notre vie était assez pure, la grâce du Saint-Esprit nous tiendrait lieu de tous les livres.

Tout ce qu’on écrit sur le papier avec de l’encre, l’Esprit l’imprimerait lui-même dans nos coeurs.

Déchus de ce Bien, attachons-nous du moins résolument à la planche de salut qui nous reste.

Cette première manière de communiquer avec Dieu valait mieux: Dieu Lui-même nous l’a bien montré par ses actes non moins que jar ses paroles.

Il a parlé à Noé, à Abraham, et aux descendants d’Abraham, Job, et Moïse, non par des caractères et par des lettres, mais immédiatement par lui-même : parce que la pureté de coeur qu’il avait trouvée en eux, les avait rendus susceptibles de cette grâce. Mais le peuple juif étant tombé depuis dans l’abîme de tous les vices, il fallut nécessairement que Dieu se servît de lettres et de tables, et qu’il traitât avec lui par le moyen de l’Ecriture.

Comment Dieu parle-t-Il aux Saints dans le Nouveau Testament ?

Dieu a gardé dans le Nouveau Testament la conduite qu’il avait suivie dans l’Ancien, et il en a usé avec les apôtres comme il avait fait avec les patriarches. Car Jésus-Christ n’a rien laissé par écrit à ses apôtres, mais il leur a promis au lieu de livres la grâce de son Esprit-Saint : « Il vous fera, » dit-il, « souvenir de toutes choses. » (Jean, XIV, 26) Pour comprendre l’avantage que cette instruction intérieure a sur l’autre, il ne faut qu’écouter ce que Dieu nous dit par son Prophète: « Je ferai un Testament nouveau : j’écrirai ma loi dans leurs âmes, et je la graverai dans leurs coeurs; et ils seront tous les disciples de Dieu.» (Jérém. 31:33.)

Saint Paul soulignant pour nous l’excellence de cette loi du Saint-Esprit, dit: «Qu’il avait reçu la loi non sur des tables de pierre, mais sur les tables d’un coeur de chair.» (Jean, 6:45; II Cor. 3:3.)

Mais, parce que dans la suite des temps, les hommes avaient malheureusement dévié du droit chemin, les uns par la dépravation de leur doctrine, les autres par la corruption de leur vie et de leurs moeurs, nous avons eu besoin de nouveau que Dieu nous donnât par écrit ses instructions et ses préceptes.

Ne dédaignons pas les Saintes Ecritures: cela nous serait fatal

Que nous sommes coupables! Notre vie devrait être tellement pure, que sans avoir besoin de livres, nos coeurs fussent toujours exposés au Saint-Esprit, comme des tables vivantes où il écrirait tout ce qu’il voudrait nous apprendre; et après avoir perdu un si grand honneur, et avoir eu besoin que Dieu nous donnât ses instructions par écrit, nous ne nous servons pas même de ce second remède qu’il nous a donné pour guérir nos âmes! Si c’est déjà une faute de nous être rendu l’Ecriture nécessaire, et d’avoir cessé d’attirer en nous par nous-mêmes la grâce du Saint-Esprit; quel crime sera-ce de ne vouloir pas même user de ce nouveau secours pour nous avancer dans la piété; de mépriser ces écrits divins, comme des choses vaines et inutiles; et de nous exposer à une condamnation encore plus grande par cette négligence et par ce mépris? Pour éviter ce malheur lisons avec soin l’Ecriture, et apprenons comment l’ancienne et la nouvelle loi ont été données. (…)

Pourquoi écouter avec soin la Parole de Dieu?
Parce que dans l’Ancien Testament, comme dans le Nouveau, Dieu descend du Ciel pour nous parler

Dans l’Ancien Testament, Dieu descend sur la montagne après que Moïse y est monté; mais, dans le Nouveau, le Saisit-Esprit descend du ciel après que notre nature y a été élevée comme sur le trône de sa royale grandeur.

Et ceci même nous fait voir que le Saint-Esprit n’est pas moins grand que le Père, puisque la Loi nouvelle qu’il a donnée est si élevée au-dessus de L’Ancienne. Car ces tables de la seconde alliance sont, sans comparaison, supérieures à celles de la première, et leur vertu a été beaucoup plus noble et plus excellente.

Les apôtres ne descendirent point d’une montagne, comme Moïse, portant des tables de pierre dans leurs mains ; ils descendirent du cénacle. de Jérusalem, portant te Saint-Esprit dans leur coeur. Ils avaient en eux un trésor de science, des sources de grâces et des dons spirituels qu’ils répandaient de toutes parts; et ils allèrent prêcher dans toute la terre, étant devenus comme une loi vivante, et comme des livres spirituels et animés par la grâce du saint-Esprit.

Sainte Xénia de Saint-Pétersbourg, Russie (+1803) – 24 janvier ╰⊰¸¸.•¨* French

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Sainte Xénia de Saint-Pétersbourg, Russie (+1803)

24 janvier

Sainte Xénia naquit dans la première moitié du XVIIIème siècle et fut mariée à un chantre de cour à Saint-Pétersbourg. La mort soudaine de son jeune époux sans qu’il eût reçu les sacrements de l’Église provoqua dans le caractère et la vie de sainte Xénia un bouleversement total. Elle prit conscience de ce qu’était la vraie grandeur et se détacha de tout ce qui était petit, futile et transitoire. Devenue veuve à 26 ans, elle prit sur elle la Continue reading “Sainte Xénia de Saint-Pétersbourg, Russie (+1803) – 24 janvier ╰⊰¸¸.•¨* French”

Le Seigneur distribue Sa grâce à ceux qui s’imposent les fatigues d’un pèlerinage – Saint Jean Maximovitch (+1966) ╰⊰¸¸.•¨* French

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Saint Jean Maximovitch (+1966)

“Dans Sa bonté, le Seigneur distribue Sa grâce à ceux qui s’imposent les fatigues d’un pèlerinage: le pèlerinage ne rapproche pas Celui Qui est partout, mais les efforts des pèlerins rendent ceux-ci dignes de Sa manifestation, non par eux-mêmes mais parce qu’Il les accepte dans Sa miséricorde.”

Saint Jean (Maximovitch), Archevêque de Shangaï, Bruxelles et San Francisco.

Synaxaire Orthodoxe: St Alexis Medvedkov d’Ugine, St Dimitri Klépinine, St Marie Skobtsov, St Georges Skobtsov & St Elie Fondaminsky de Paris, France (+1945) ╰⊰¸¸.•¨* French

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St Alexis Medvedkov d’Ugine,

St Dimitri Klépinine, St Marie Skobtsov, St Georges Skobtsov

& St Elie Fondaminsky

Le 20 Juillet, nous célébrons la mémoire des saints ALEXIS (Medvedkov) d’Ugine, archiprêtre* ; DIMITRI Klépinine, prêtre ; de la moniale MARIE (Skobtsov) et de son fils GEORGES Skobtsov, et d’ELIE Fondaminsky*2.

Mère Marie (Skobtsov)*3 naquit à Riga, sur les rives de la mer Baltique, en 1891. Son père, magistrat issu de la noblesse cosaque, et sa mère, descendante du gouverneur de Launay, décapité lors de la Bastille en 1789, lui assurèrent une éducation empreinte de douceur et de fermeté. Elle passait l’été dans leur propriété des rives de la mer Noire et l’hiver à Saint-Pétersbourg, où elle manifesta de bonne heure une inclination vers la poésie et un grand intérêt pour les discussions tenues dans le salon de sa tante. Ayant nourri une affection admirative dans son enfance pour le procureur du Saint-Synode, Constantin Pobédonostsev, redoutable pourfendeur des idées libérales, mais qui lui avait enseigné que la vérité se trouve dans l’amour du prochain et le sacrifice de soi, à la suite de la mort de son père, elle perdit la foi et se tourna vers les idées révolutionnaires. Poursuivant de brillantes études dans les meilleurs institutions de la capitale, elle prenait part aux interminables discussions nocturnes dans les salons littéraires, où les intellectuels refaisaient le monde et préparaient de loin la Révolution, et elle s’y distingua par ses poèmes et ses tableaux. A l’âge de dix-neuf ans, elle épouse Dimitri Kouzmine-Karavaïev qui l’avait fasciné par son talent d’orateur, mais divorça au bout de trois ans*4, puis devient la première femme à suivre les cours de théologie de l’académie de Saint-Pétersbourg. A la suite d’une liaison avec un habitant d’Anapa, la ville de la mer Noire où elle avait passé son enfance, elle donna naissance à une fille, Gaïana. En 1917, alors que les nuages sombres de la Révolution apparaissaient, elle adhéra au parti socialiste-révolutionnaire, mouvement idéaliste qu’elle considérait comme le parti du sacrifice de soi. C’est alors qu’elle retrouva la foi au Christ, mais son christianisme était fortement teinté d’utopie messianique concernant le peuple russe. Elle dut d’ailleurs rapidement constater la vanité de ces engagements politiques qui ouvraient la voie aux bolcheviques. En 1918, fuyant la terreur qui fit suite à la Révolution d’Octobre, elle regagna la propriété familiale d’Anapa, fut élue maire de la ville et fit don d’un domaine pour en faire une école. Alors que la guerre civile faisait rage, elle subit les attaques des deux partis. Tombant aux mains des blancs, elle fut traduite devant un tribunal militaire. S’étant défendue avec habilité, elle fut acquittée, et épousa peu après un ami de son avocat, Daniel Skobtsov, jeune officier cosaque.

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Devant la débâcle de l’armée blanche, le couple prit le chemin de l’exil, d’abord en Géorgie, où Lisa donna naissance à son fils Georges (Iouri), puis à Constantinople et de là en Serbie, où naquit sa fille Anastasia (1922). Devant les conditions de vie trop précaires, ils décidèrent de gagner Paris, où de nombreux émigrés russes s’efforçaient de s’adapter à leur nouveau mode de vie, au prix d’innombrables difficultés. Daniel devint chauffeur de taxi, tandis que Lisa confectionnait des poupées et des fleurs en papier. Au cours de l’hiver 1925, la petite Anastasia mourut à la suite d’une épidémie de grippe. Cette épreuve fut pour Lisa une révélation sur la vanité de l’existence, telle qu’elle l’avait envisagée jusque-là, et elle décida alors de devenir « mère pour tous », en s’engageant sur la voie de l’amour pour le prochain, mené jusqu’au bout et sans lequel « tout est horreur et pesanteur ». Depuis le début de la guerre de 1914, elle avait commencé à mener une vie ascétique, portant comme une ceinture sous sa robe un gros tuyau de plomb et priant ardemment pour forcer le Christ à lui révéler son existence. Mais c’est à Paris, à la suite de la mort de sa fille, et après s’être séparée de son second mari, qu’elle retrouva l’Eglise. Elle s’engagea dans l’Action Chrétienne des Etudiants Russes (ACER), association qui avait pour but de sauvegarder l’héritage spirituel de la Russie auprès des jeunes émigrés et d’ « ecclésialiser » la vie sous tous ses aspects. Lisa prenait volontiers la parole au cours des congrès et des sessions d’études, et devint secrétaire du mouvement, avec pour mission de rendre visite aux Russes disséminés à travers la France. Sentant que sa vocation était désormais de vivre au milieu des pauvres et des délaissés, elle découvrit au cours de ses voyages l’immense détresse économique, morale et spirituelle des émigrés russes. Se faisant toute à tous, elle devint la confidente, le soutien et l’espoir des désespérés. Elle écrivait et se dépensait sans compter pour susciter des aides matérielles et spirituelles. Mais cette vie itinérante ne la satisfait pas, et elle constata que ce qu’elle offrait aux déshérités restait toujours partiel et incomplet, regrettant que son « cœur ne puisse abriter l’univers ». Se sentant appelée à un sacrifice total de son existence pour le salut des hommes, elle fit part de son intention à son père spirituel, le père Serge Boulgakov (1871-1944)*5, et au métropolite Euloge Guéorguievsky (1868-1946) qui l’encouragèrent dans son désir de s’engager dans la vie monastique. L’évêque étant intervenu auprès de son mari, Daniel, pour obtenir son consentement, Lisa fut tonsurée moniale, sous le nom de Marie (l’Egyptienne), le 7 mars 1932, dans l’église de l’Institut Saint-Serge de Paris. Ayant d’abord espéré que la nouvelle moniale pourrait fonder un monastère orthodoxe traditionnel, le métropolite dut bien vite renoncer à ce projet et voyageant un jour avec elle, il fit un large geste en direction des champs en disant : « Voici votre monastère, Mère Marie ! » Après un bref séjour dans deux monastères de Lettonie et d’Estonie, pendant l’été, elle rentra à Paris, convaincue qu’elle était appelée à une autre forme d’engagement auprès des plus démunis : « un monachisme dans la cité, dans le désert des cœurs humains »*6. Elle ouvrit un foyer pour femmes sans famille à la Villa de Saxe, dans le VIIe arrondissement. Mais la maison devint rapidement trop petite et, deux ans plus tard, Mère Marie installa son foyer dans une vaste maison de la rue de Lourmel dans le XVe arrondissement. Cet étrange « monastère », où régnait un climat de « bohème évangélique », accueillait toutes sortes de gens : chômeurs, inadaptés, exclus, clochards, délinquants, jeunes filles et femmes que la misère avait poussées à la prostitution, artistes sur la paille, tous y trouvaient non seulement nourriture et logement, mais surtout écoute, compassion et charité sans limite. Chaque jour à l’aube, Mère Marie, chaussée de gros godillots, se rendait aux Halles et obtenait à bas prix des légumes nécessaires pour nourrir ses protégés et, le soir venu, elle faisait la tournée des cafés, en compagnie de l’aumônier du foyer, pour y porter une lueur d’espérance à ceux qui tentaient de noyer leur solitude et leur désespoir dans l’alcool. Ignorant la fatigue et le froid, pouvant passer des jours entiers sans manger ni dormir, et n’ayant pour programme que de « vaincre la démesure du mal par l’amour et le bien sans mesure », elle transmettait à tous ceux qui l’approchaient sa foi à transporter les montagnes. S’élevant contre le « confort spirituel » et la piété ritualiste, et prônant une « mystique des relations humaines », elle disait : « Ou bien le christianisme est un feu, ou bien il n’est pas ». La maison de la rue de Lourmel devint aussi un centre culturel, où de brillants intellectuels de l’émigration russe, comme le père Serge Boulgakov ou le philosophe Nicolas Berdiaev, donnaient des conférences et où se tenaient des séminaires réguliers sur la théologie et la spiritualité orthodoxe. En 1935, Mère Marie fonda l’Action Orthodoxe et une revue du même nom, et ouvrit une autre maison, à Noisy-le-Grand, pour les tuberculeux. Ne restant jamais inactive, elle réalisa alors de très belles icônes et broda des vêtements liturgiques et, pendant la guerre, elle fit une grande tapisserie de près de cinq mètres de long, sur le modèle de la tapisserie de Bayeux, relatant l’histoire de David*7.
Au début de la guerre, elle organisa un atelier de confection de couverture pour l’armée et transforma le réfectoire du centre de Lourmel en cantine municipale. Après l’entrée des nazis à Paris, commencèrent les arrestations des Juifs d’origine russe. Comme ceux qui pouvaient prouver qu’ils étaient chrétiens échappaient à la déportation, certains Juifs, après un entretien avec le Père Dimitri Klépinine*8, aumônier de la paroisse associée au centre, décidèrent de recevoir un vrai baptême, aux autres il délivrait un certificat de baptême de complaisance. En 1942, les occupants imposèrent le port de l’étoile jaune à tous les Juifs et, lors de la « rafle du Vél d’hiv », dans la nuit du 15 juin, environ treize mille Juifs furent arrêtés et parqués comme des bestiaux dans le vélodrome d’Hiver. Mère Marie put y pénétrer pour secourir les malades et soutenir les désespérés, et elle réussit à sauver quatre enfants en les cachant dans des poubelles.

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Les familles juives s’entassaient au centre de Lourmel, attendant de pouvoir passer en zone libre. A la suite d’une dénonciation, les soldats allemands y firent irruption, le 8 février 1943, et ils arrêtèrent le fils de Mère Marie, Georges, âgé d’une vingtaine d’années, dans les poches duquel ils trouvèrent un billet d’une femme juive demandant au Père Dimitri un certificat de baptême. Le Père Dimitri fut lui aussi arrêté. Interrogé pendant quatre heures au siège de la Gestapo, il répondit en montrant sa croix pectorale à l’officier qui lui proposait la liberté en échange de ne plus accorder d’aide aux Juifs : « Et ce Juif-là, vous le connaissez ? » L’officier lui asséna une gifle qui le jeta à terre, et déclara : « Votre pope s’est condamné lui-même ».
Les hommes, regroupés autour du Père Dimitri, passèrent quelques temps au camp de Compiègne, avec une relative liberté, qui leur permit d’organiser la vie liturgique dans une cellule. Et le Père Dimitri, ayant discerné l’ardente piété du jeune Georges, le préparait à recevoir la prêtrise. Le 16 décembre, ils furent tous envoyés au camp de concentration de Buchenwald, d’où deux d’entre eux seulement reviendront. Iouri, atteint d’une furonculose aiguë, mourut probablement exécuté avec les inaptes au travail.
Le Père Dimitri, âgé de trente-neuf ans, fut transféré au camp de Dora, où des milliers de détenus étaient chargés de construire une usine souterraine. Bientôt atteint de pleurésie, il fut transporté dans l’infirmerie surchargée où les malades étaient couchés à terre au milieu des excréments, dans une odeur suffocante. Un de ses amis russes qui avait réussi à le retrouver, lui apporta une carte postale distribuée par les autorités pour que les déportés puissent, pour la première fois, écrire à leur famille. Mais le père Dimitri n’eut pas la force d’écrire, et son ami lui promit d’écrire un mot pour lui. Le lendemain, 9 février 1944, alors que le père agonisait, un détenu russe qui avait accepté le brassard des kapos pour échapper à la mort, reconnut le prêtre pour lequel des détenus lui avait demandé d’intervenir. Il se pencha sur lui. Voyant un visage compatissant, le Père Dimitri lui demanda de prendre sa main et de tracer sur lui le signe de la croix. L’homme s’exécuta, sans réfléchir, et le père rendit son dernier souffle. De longues années plus tard, cet homme, qui gardait un air sombre et tourmenté, avoua qu’il était hanté par cette image de sa main, souillé par tant de coups de matraque, traçant le signe de la croix sur le moribond.

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Mère Marie, qui avait été arrêtée le 10 février en venant demander la libération de son fils, et avait à peine eu le temps d’embrasser sa mère, passa plusieurs mois au camp de Romainville, avant d’être déportée à Ravensbrück, à la fin d’avril 1943. Dans les conditions inhumaines du camp de concentration, où les fours crématoires ne cessaient de lâcher leur macabre fumée, elle faisait rayonner l’amour du Christ, la compassion et l’espérance. Avec du fil de soie dérobé dans l’usine de câble électrique, elle broda un foulard, inspiré de la tapisserie de Bayeux, pour saluer le débarquement des Alliés en Normandie. D’une forte constitution, renforcée par une vie d’ascèse et de sacrifice, elle résista mieux que d’autres détenues, mais finit par être atteinte de dysenterie. Elle n’en cessait pas pour autant de soutenir le moral de ses compagnes et animer leur existence. Envoyée dans un camp voisin, où les rations étaient tellement réduites qu’on y mourait presque aussitôt, elle en revint vivante mais à bout de force. Alors que les Alliés avançaient, les exécutions se multipliaient à un rythme effréné.
Un jour de mars 1945, deux cent soixante détenues ayant été sélectionnées pour la chambre à gaz, certains témoignages rapportent que Mère Marie aurait pris la place d’une de ces femmes, pour les aider à affronter la mort. Selon d’autres, épuisée et clouée au lit, elle aurait alors été transférée dans un autre camp. Toujours est-il qu’elle mourut dans la chambre à gaz, le 31 mars, et passa au four crématoire, réalisant ainsi le pressentiment, qu’elle avait eu depuis son enfance et qu’elle avait manifesté à maintes reprises dans ses poèmes et ses dessins, de mourir dans les flammes : « Mon bûcher brûlera, cantique de mes sœurs… Mais la ténèbres n’est pas mort, ni vide ; en elle se dessine la croix. Ma fin, ma fin consumée »*9.

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Intellectuel russe d’origine juive, Elie Fondaminski*10, s’était engagé dans sa jeunesse dans le mouvement des socialistes-révolutionnaires. Lors de la Révolution de 1905, il fut arrêté et jugé à Saint-Pétersbourg, où contre toute attente il fut acquitté. Il quitta alors la Russie pour vivre à Paris, où, sous l’influence du poète symboliste Merejkovski, il entama une lente évolution vers le christianisme. Rentrant en Russie après la révolution de février, il accepta le poste de commissaire provisoire de la flotte de la mer Noire à l’Assemblée Constituante qui ne siégera qu’un seul jour, et échappa de peu à une tentative d’assassinat de la part d’un matelot bolchevique. Reprenant le chemin de l’exil après la Révolution d’Octobre, il deviendra, grâce à la fortune héritée de sa femme, un des bienfaiteurs le plus généreux de l’émigration russe en Occident. Ayant abandonné ses idéaux socialistes et persuadé que seule une vision chrétienne de l’existence pourrait contribuer à restaurer la Russie après le communisme, il déployait une activité débordante, en vue de redonner courage à la jeunesse russe émigrée et d’organiser l’intelligentsia. Il fréquentait assidûment l’église de la rue de Lourmel, mais s’estimait encore indigne de recevoir le baptême. Lors de l’occupation de la France, au lieu de gagner les Etats-Unis, il rentra à Paris, en sachant très bien à quels dangers il s’exposait. Au début de la guerre avec l’Union Soviétique, en juillet 1941, il fut arrêté avec de nombreux émigrés russes. Alors que la plupart furent rapidement libérés, il fut maintenu au camp de Compiègne en tant que Juif. C’est là qu’ayant refusé de s’évader, il reçut le baptême, avant d’être déporté à Auschwitz, où il devait périr le 19 novembre 1942.

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* Voir sa notice au 22 août.
*2. Leur culte a été reconnu par le Patriarche Œcuménique, en janvier 2004, à la demande de l’archevêque Gabriel, responsable de l’exarchat patriarcal des paroisses de tradition russe en Europe Occidentale. Il s’agit de la première canonisation de saints orthodoxes ayant vécu en Europe Occidentale à l’époque moderne [NDLR: Souligné par nous]. Dans l’exarchat, ils sont aussi commémorés à la date de leur décès.
*3. Nous résumons la biographie rédigée par Hélène ARJAKOVSKY-KLEPININE en introduction du recueil de textes de Mère Marie, Le sacrement du frère, éd. Le Sel de la Terre, 1995 2e éd., Paris 2001. Voir aussi L. VARAUT, Mère Marie Skobtsov, Périn, Paris 2000, et les articles dans Le Messager Orthodoxe 140 (2004), Contacts 208 (2004) et 224 (2008).
*4. Certains aspects de la biographie de Mère Marie, peu compatibles avec les formes traditionnelles de l’hagiographie orthodoxe, ont suscité des critiques à l’égard de sa canonisation.
*5. Ancien marxiste devenu professeur de théologie dogmatique, le père Serge Boulgakov a marqué de sa personnalité de prêtre et de confesseur l’émigration russe. Sa formation philosophique l’avait conduit à élaborer une théorie très controversée et non nécessaire de la Sagesse de Dieu (sophiologie), laquelle se trouve aujourd’hui dépassé grâce à une meilleure compréhension de la théologie patristique (notamment de S. Maxime le Confesseur).
*6. Il convient de noter que les critiques exprimées par Mère Marie dans ses écrits à l’égard du monachisme orthodoxe traditionnel (Valaam et l’Athos), qu’elle accuse de formalisme et d’indifférence à la misère humaine, provenaient en partie de préjugés, assez répandus parmi l’intelligentsia russe de cette époque. Les centaines de saints, anciens et récents, présentés dans ce Synaxaire, témoignent à l’évidence que ces deux formes de vie consacrée ne sont pas exclusives mais complémentaires dans l’Eglise, qui a cependant toujours réservé une place de choix à la « part de Marie ». En tout état de cause, il serait abusif de faire de la vocation particulière de Mère Marie la figure emblématique d’un monachisme des temps nouveaux, appelé à remplacer le monachisme traditionnel, où la priorité est accordée à la prière et à la contemplation, et sa canonisation ne saurait être considérée comme une validation de ces conceptions.
*7. Cette tapisserie se trouve aujourd’hui au monastère de Saint-Jean-Baptiste à Maldon (Essex).
*8. Voir la biographie publiée par sa fille, Hélène ARJAKOVSKY-KLEPININE, Et la vie sera amour. Destin et lettres du père Dimitri Klépinine, Cerf-Sel de la Terre, Paris, 2005.
*9. Le bûcher (1938). Sur les deux versions de la fin de Mère Marie, voir P. LADOUCEUR, « Quelques énigmes de la biographie de sainte Marie de Paris » in Contacts 224 (2008), p.485-487
*10. Voir G. FEDOTOV, « Elie Fondaminsky dans l’émigration » in Le Messager Orthodoxe 140 (2004), 47-61, et N. STRUVE, « Une sainte vie, une sainte mort » in Contacts 208 (2004), 371-376.

Tiré du Synaxaire Orthodoxe.

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Père Cyrille Argenti: La fête de l’élévation de la Sainte Croix – 14 septembre

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Père Cyrille Argenti:

La fête de l’élévation de la Sainte Croix

14 septembre

Il convient de rappeler tout d’abord l’origine de la célébration de la fête de la sainte Croix. On venait de retrouver, à Jérusalem, à l’époque de l’empereur Héraclée, la très sainte Croix sur laquelle le Christ avait été crucifié. Sainte Hélène, la mère de Constantin, l’avait déjà découverte une première fois. Lors de sa redécouverte, le patriarche de Constantinople, Serge, venu à Jérusalem, présenta la Croix au peuple dans le temple de la Résurrection. Tout le peuple tomba alors à genoux en s’écriant : « Seigneur, aie pitié ! Seigneur aie pitié ! » Depuis lors, chaque année, le 14 septembre, on élève la Croix dans l’église et le peuple, de même, se prosterne en criant : « Seigneur, aie pitié ! »

Le serpent d’airain

Le dimanche qui précède la sainte Croix, on lit le passage de l’Évangile de saint Jean au chapitre 3, verset 13 à 17. Saint Jean évoque un événement raconté dans l’Exode, où est préfiguré le mystère de l’élévation de la Croix. Les Juifs, ayant traversé la mer Rouge et marché longuement à travers le désert, s’étaient découragés et murmuraient contre Moïse, disant : « N’aurait-il pas mieux valu que nous restions en Égypte où, au moins, nous avions à manger, plutôt que de périr dans le désert ? » Dieu envoya alors la plaie des serpents : de toutes les pierres du désert jaillissaient des serpents vénéneux qui mordaient le peuple ingrat, oublieux des bienfaits de Dieu, du miracle du passage de la mer Rouge, oublieux de sa libération de la terre de servitude et se décourageant, désespérant de son sauveur. Dieu dit alors à Moïse : « Fabrique un serpent en airain, mets-le sur un bois et élève le bois. Quiconque regardera le serpent en airain sera sauvé de la morsure des serpents. » Moïse fit ce que Dieu lui disait : il fabriqua le serpent en airain, il le mit sur un bois, il l’éleva dans le désert et le peuple regarda le serpent en airain avec foi, criant : « Seigneur, aie pitié ! » Tous ceux qui firent ainsi furent sauvés de la morsure des serpents[1].

Ces serpents représentent les hommes faisant le mal, trahissant Dieu, les hommes ressemblant à l’antique serpent qui fit chuter Adam et Ève, tandis que le serpent en airain préfigure Celui qui prit la ressemblance des serpents, Celui qui se fit homme pour sauver les hommes semblables à des serpents. Lui n’était pas un serpent, il était en airain, en métal pur : Dieu fait homme élevé sur le bois de la Croix. Tous ceux qui regardent ce Sauveur avec foi sont sauvés de la morsure des serpents, sont sauvés du mal.

Saint Jean voit à juste titre dans cet événement de l’Ancienne Alliance la préfiguration du mystère de la Croix. C’est pourquoi il nous dit : « Comme Moïse éleva le serpent dans le désert, il faut de même que le Fils de l’homme soit élevé », élevé sur la Croix, « afin que quiconque croit en Lui ait la vie éternelle ». Oui, tout homme qui regarde vers la Croix, vers le Sauveur en Croix, avec foi, reçoit la Vie Éternelle car il est sauvé de la mort. C’est là tout le mystère de la Croix, signe de l’amour de Dieu, de ce Dieu qui a « tant aimé le monde qu’Il lui a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en Lui ne périsse point mais qu’il ait la vie éternelle »[2]. C’est sur la Croix que le Dieu fait homme manifeste son amour pour les hommes, donnant sa vie pour que les hommes ne meurent point, les sauvant de la mort par sa propre mort !

La Croix, symbole de l’amour de Dieu

L’empereur Constantin, avant de livrer bataille, vit dans le ciel la Croix du Seigneur avec cette inscription : « Par ce signe, tu vaincras ». Faisant confiance à la Croix du Seigneur, il triompha de son ennemi, symbole de l’ennemi qui est le démon, dont nous triomphons lorsque nous contemplons le signe de l’amour de Dieu. Car c’est là, sur la Croix, que l’amour se manifesta plus fort que la haine, lorsque Jésus s’écria : « Père, pardonne-leur parce qu’ils ne savent pas ce qu’ils font »[3]. Par cet amour répondant à la haine, le démon fut vaincu et la Croix du Seigneur triompha du mal. La Croix, où par sa mort le Christ a vaincu la mort, préfigure la Résurrection du Christ. C’est là, lorsque le Christ meurt, que la mort est vaincue, car le Christ ressuscitera, et Il meurt comme nous pour que nous ressuscitions comme Lui.

Aux matines de la fête de l’élévation de la sainte Croix du Seigneur, nous écoutons l’Évangile de Jean : « Quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai tous les hommes à Moi. »[4]. Comment le Christ nous attire-t-Il ? Par son amour, parce qu’Il nous a tant aimés qu’Il a donné sa vie pour notre vie. Comment aimer plus quelqu’un qu’en donnant sa vie pour lui ? Rends-toi compte que le Seigneur Jésus a donné sa vie pour toi, pour moi ! Car coupés de Dieu, séparés de Lui par le mal que nous avons fait, nous allions vers la mort, nous étions tous des morts en sursis, sans autre perspective de vie que la mort. Quelle absurdité de ne vivre que pour mourir ! Alors le Dieu qui nous a créés pour la vie est venu nous donner sa vie sur la Croix pour que nous vivions éternellement. Écoutons-Le qui nous dit : « Celui qui aime sa vie la perdra ». Oui, celui qui s’accroche à la vie de ce monde et à toutes ses vanités mourra, mais celui qui perd sa vie dans ce monde la conservera pour la vie éternelle. Ayons soif de la seule vraie vie, celle qui jaillit de la Croix et de la Résurrection du Christ.

Mourir au monde

Saint Paul, dans l’épître aux Galates qui précède la fête de l’élévation de la sainte Croix, nous dit : « En ce qui me concerne, loin de moi la pensée de me glorifier d’autre chose que de la Croix de notre Seigneur Jésus Christ, par qui le monde est crucifié pour moi, comme je le suis pour le monde. »[5] Vénérer la Croix, c’est être crucifié au monde, c’est-à-dire que le monde, les désirs de ce monde, les vanités, les cupidités, les ambitions de ce monde doivent être mortes pour nous et ne plus compter. « Le monde est crucifié pour moi. » Les passions de ce monde ne m’intéressent plus car moi aussi je dois être mort pour le monde. Si je considère le monde mort pour moi, le monde aussi doit me considérer mort pour lui. Le monde ne peut plus compter sur moi pour être complice de ses passions et de ses actions. Oui, mes amis, séparons-nous du désir et des cupidités de ce monde. À quoi bon porter des croix autour de notre cou si nous ne mourons pas aux hommes ? Est-ce un bijou, la croix, ce signe de torture qui manifeste l’amour de Dieu torturé pour que nous ayons la vie ? Être séparé de Dieu source de vie, c’est la mort, être uni au Christ crucifié et ressuscité, c’est la vie !

Le Seigneur meurt sur la Croix, ensevelissant le vieil homme, mourant avec la vie du péché et voilà que va jaillir du tombeau du Christ une vie nouvelle, une nouvelle Création. À quel monde allons-nous appartenir, au monde de la mort ou de la nouvelle création qui jaillit de la tombe ? En contemplant la Croix du Christ, unissons-nous à cette nouvelle création, passons, nous aussi, de la mort à la vie, d’un monde de mort, d’un monde d’orgueil, de cupidité, d’un monde de jungle et de guerre à un monde d’amour, de paix et de vie éternelle. Renonçons au vieux monde qui pourrit et entrons dans le monde nouveau du Christ ressuscité pour vivre éternellement avec le Christ crucifié et ressuscité !

La veille de la fête de la célébration, nous lisons le livre de l’Exode (Ex 22, 22-27). Le peuple de Dieu arrive devant une eau amère, un lieu appelé amertume, Mara en hébreu. Cette amertume symbolise le monde du péché, de l’angoisse, de la peur, le monde du remord, de la méchanceté. Le peuple a soif et ne peut boire car l’eau est amère. Moïse crie alors vers le Seigneur qui lui montre un morceau de bois – le bois de la Croix. Moïse ayant jeté ce bois dans l’eau, elle s’adoucit. La Croix du Christ transforme l’amertume de la vie en douceur, l’angoisse en paix.

Constatant l’amertume de la vie du péché, de la vie de mort, invoquons le Christ en Croix : unissons-nous au Crucifié Ressuscité pour qu’Il change l’amertume de la vie de péché en douceur et paix de la vie en Christ. Unissons-nous à la vraie vie. Contemplons avec amour le Christ en Croix, afin qu’Il transforme nos angoisses, nos peurs, nos amertumes en une eau douce, en paix, en joie de la présence du Ressuscité. Oui, Seigneur, nous vénérons ta Croix et nous nous prosternons devant ta sainte Résurrection : sauve-nous, Seigneur crucifié sur la Croix et ressuscité des morts, donne-nous ta vie, la vie éternelle, que Tu nous as offerte par ton amour, sur ta Croix !

Notes

[1] Nb 21, 4-9

[2] Jn 3, 16

[3] Lc 23, 34

[4] Cf. Jn 13, 25-36

[5] Cf. Ga 6, 11-18

Saint Abel de l’Irlande, évêque de Reims et abbé de Lobbes de Belgique (+751) – 5 août ╰⊰¸¸.•¨* French

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Saint Abel de l’Irlande,

évêque de Reims et abbé de Lobbes de Belgique (+751)

5 août

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Saint Abel, archevêque de Reims, abbé de Lobbes, décédé vers 751, était originaire de l’Irlande, et florissait au milieu du viiie siècle.

On ignore les circonstances qui le déterminèrent à quitter son pays natal et dans quelle province il passa ses premières années. Peut-être était-il un de ces évêques missionnaires qui venaient encore alors, quoique en moindre nombre, évangéliser les peuples du nord des Gaules et de la Germanie. Cette conjecture parâit assez vraisemblable lorsqu’on considère ses relations avec saint Boniface, apôtre de la Germanie, le lieu où il se retira et le genre de vie qu’il embrassa quand il dut quitter son siège de Reims.

Après la mort de saint Rigobert, il avait été choisi, au concile de Soissons, en 743 ou 744, pour lui succéder dans le gouvernement d’une église bouleversée par l’indiscipline de plusieurs membres du clergé et par les violences des leudes.

Saint Abel jouissait d’une si grande considération parmi ses collègues de l’épiscopat, que, dans ce même concile de Soissons, présidé par saint Boniface de Mayence, on lui conféra une juridiction extraordinaire sur une partie du nord de la Gaule, avec pouvoir de juger les causes entre les évêques, leur clergé et leurs diocésains; de rétablir la discipline dans les monastères d’hommes et de femmes; de faire restituer à ces établissements, ainsi qu’aux églises, les biens alienés, et d’empêcher les abbés d’aller en personne à le guerre[1]. En 745, il assista aussi à un concile qu’on nomme vulgairement le Troisième Concile germanique, mais qui a été le sixième synode présidé par saint Boniface.

Les usurpateurs des biens de l’église de Reims avaient opposé à Abel un certain Milon, qui s’empara du siège archiépiscopal et qui força le pasteur légitime à chercher un refuge dans l’abbaye de Lobbes. Abel y avait probablement demeuré antérieurement. Comme les saints évêques-abbés Ursmar et Ermin, il fut chargé, à la demande unanime des religieux, de la direction de ce monastère. Comme eux aussi il s’appliqua à évangéliser les peuples des contrées voisines.

Après avoir édifié ces religieux par l’éclat de ses vertus et procuré un très-grand bien aux âmes, il mourut paisiblement, le 5 août.

Au rapport des historiens, saint Abel était un homme doué de toutes les vertus, très-versé dans les saintes Écritures et dans d’autres sciences sacrées, un pasteur plein de sollicitude et d’activité, dont la sainteté est reconnue par une foule de témoignages. Son nom se trouve dans plusieurs anciens martyrologes.

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Reims, France

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Lobbes, Belgique

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